Le mystérieux voyage de Christophe Colomb... après sa mort

Il fut l'un des explorateurs les plus célèbres de l'Histoire. À la recherche d'une nouvelle route vers les Indes, Christophe Colomb traversa l'océan Atlantique et, en 1492, établit un contact durable entre l'Europe et les Amériques.

Après sa mort, ce sont ses restes qui entamèrent un incroyable voyage. Aujourd'hui conservée en Espagne, sa dépouille est encore au cœur d'une controverse vieille de plusieurs siècles.

Une vie d’explorateur

Christophe Colomb, navigateur espagnol d’origine génoise, est connu pour avoir ouvert la voie à la découverte européenne de l’Amérique en 1492. Au cours de sa vie, il entreprit quatre voyages financés par les souverains espagnols entre 1492 et 1504.

Lors de son premier voyage, il atteint les Bahamas, puis explore Cuba et Hispaniola, persuadé d’avoir accosté aux Indes, d’où le nom d’"Indiens" donné aux populations rencontrées. Sa deuxième expédition, beaucoup plus ambitieuse, conduit à la fondation d’une colonie à Hispaniola et à la poursuite de l’exploration des Caraïbes, tandis que des centaines d’Arawaks sont emmenés en Espagne. En 1498, au cours de son troisième voyage, il aborde pour la première fois le continent sud-américain, sur les côtes de l’actuel Venezuela. Son retour est marqué par de vives tensions politiques : accusé de mauvaise gestion et d’abus de pouvoir, il est arrêté avant d’être finalement blanchi. Son quatrième et dernier voyage, entre 1 502 et 1504, le mène le long des côtes de l’Amérique centrale, du Honduras au Panama, sans jamais trouver le passage maritime vers l’Asie qu’il recherchait.

Une dépouille voyageuse

Ayant perdu peu à peu son influence, Christophe Colomb meurt le 20 mai 1506 à Valladolid en Espagne, seul et pauvre. Il est d'abord enterré dans un couvent franciscain. Quelques années plus tard, sa dépouille est transférée dans la chapelle du monastère Santa Maria de las Cuevas où le cadavre de son fils Diego le rejoint, certainement autour de 1526.

Le souhait du navigateur était d’être enterré sur l'île d'Hispaniola, aujourd'hui partagée entre Haïti et la République dominicaine, lieu de fondation de sa première colonie. Son vœu sera respecté en 1537 grâce à sa belle-fille, Marie de Tolède, qui fait acheminer les deux cercueils jusqu’à la cathédrale de Saint-Domingue. Ils y resteront jusqu’en 1795, date à laquelle le traité de Bâle donne à la France l’île de Saint-Domingue. C’est le 20 décembre de cette même année que la dépouille de Christophe Colomb, après avoir reçu pour la première fois les honneurs officiels conjoints des marines espagnole et française, est transportée sur le San Lorenzo vers la colonie espagnole Cuba.

Mais en 1898, nouveau coup de théâtre : Cuba devient indépendante à la suite de la guerre hispano-américaine. Les restes de l’explorateur sont à nouveau déplacé et mis sur un navire direction l’Espagne… et plus particulièrement Séville ! Les restes de sa dépouille sont alors déposés dans un somptueux mausolée au sein de la cathédrale.

Un imposant mausolée

Situé à l'entrée de la cathédrale de Séville, le tombeau de Christophe Colomb est un monument imposant placé sur la droite de la nef, impossible à manquer. Il est soutenu par 4 personnages, quatre figures allégoriques représentant les quatre royaumes historiques de l'Espagne unifiée à la fin du Moyen Âge :

à l'avant gauche, León : identifié par le lion couronné, symbole de courage, de souveraineté et de royauté, il tient une croix signifiant la victoire du christianisme sur l'islam;

à droite, la Castille est représentée par le château figurant sur ses armoiries, emblème héraldique de l'ancien royaume de Castille. Il symbolise la puissance territoriale, les forteresses de la Reconquête et le royaume dominant de l'union espagnole;

à l'arrière, Aragon : porte les quatre pals rouges sur fond d'or (les "quatre barres d'Aragon"), emblème de la Couronne d'Aragon et de son expansion méditerranéenne;

et enfin Navarre : arbore les chaînes d'or, rappel de la légende de la victoire navarraise à la Bataille de Las Navas de Tolosa et symbole d'indépendance et de bravoure.

Les pieds des porteurs situés à l’avant du cercueil sont étrangement polis : une légende dit que si l’on touche celui de droite, on se mariera, si c’est celui de gauche, on reviendra à Séville ! Chaque chevalier porte un costume inspiré de l'époque des Rois Catholiques, renforçant le lien avec l'Espagne de 1492, année du premier voyage de Colomb. Le monument de bronze, réalisé par Arturo Mélida à la fin du XIXᵉ siècle, fut installé dans la cathédrale en 1899.

Tombeau de Christophe Colomb au sein de la cathédrale de Séville (León à droite et la Castille à gauche).

Tombeau de Christophe Colomb au sein de la cathédrale de Séville (León à droite et la Castille à gauche). © C. Brossillon

Une énigme toujours présente

La localisation des restes de Christophe Colomb demeure un sujet de controverse entre l'Espagne et la République dominicaine. En 1877, des ouvriers découvrent dans la cathédrale de Saint-Domingue un coffret en plomb portant une inscription faisant référence à "Don Cristóbal Colón". Cette découverte a conduit les autorités dominicaines à affirmer que les véritables ossements de l'explorateur n'avaient jamais quitté l'île et que les Espagnols avaient emporté les mauvais ossements en 1795.

Des analyses ADN menées à partir de 2002 par une équipe espagnole et publiées entre 2006 et 2024 ont toutefois confirmé que les restes conservés dans la cathédrale de Séville sont bien authentiques et compatibles avec l'identité de Christophe Colomb. Les chercheurs n'excluent cependant pas que d'autres fragments de sa dépouille puissent se trouver en République dominicaine, où les autorités refusent jusqu'à présent toute expertise génétique. En attendant, le Phare de Colomb, à Saint-Domingue, abrite des restes que la République dominicaine présente comme ceux de Christophe Colomb. Une attribution qui reste sujette à controverse car non confirmée scientifiquement.

Envie de découvrir Séville ? N'hésitez pas à contacter l'OT Turismo de Sevilla et Turismo de Andalucía qui ont organisé nos visites sur place, notamment celle de la cathédrale.

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